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Opinion

ÉTATS-UNIS-CUBA - Le blocus économique, commercial et financier, une arme obsolète

Néstor García Iturbe

mardi 25 septembre 2018, mis en ligne par Françoise Couëdel

Mercredi 5 septembre 2018.

Quand le gouvernement des États-Unis décida d’utiliser le blocus économique, commercial et financier contre Cuba, il estima que ce serait « la merveilleuse formule » pour en finir avec la Révolution cubaine.

Au nombre de ces « théoriciens », qui avaient cette même opinion, se trouvait Lester Mallory qui occupait la charge de Secrétaire assistant au Département d’État et qui, évoquant les mérites du blocus et les objectifs qu’on espérait atteindre, écrivit le 6 avril 1960 :

« La majorité des Cubains soutiennent Castro […]. Il n’existe pas de réelle opposition politique […]. La seule méthode efficace pour faire perdre (au gouvernement) ses soutiens intérieurs est de provoquer la désillusion et le découragement en créant le déclin économique et la pénurie […]. Il faut rapidement mettre en pratique tous les moyens possibles pour affaiblir la vie économique […] en refusant à Cuba des facilités financières et des importations, afin de réduire les salaires individuels et réels, l’objectif étant de provoquer la faim, le désespoir et l’effondrement du gouvernement ».

Cela fait 58 ans que Mallory a écrit cela mais il y a toujours aux États-Unis des hommes politiques qui considèrent que c’est la formule adéquate à appliquer. C’est comme s’ils continuaient à utiliser la machine à écrire au lieu de l’ordinateur, comme s’ils regardaient la télévision en noir et blanc et non en couleurs, comme si, pour se déplacer, ils conduisaient une voiture de 1960 au lieu d’un modèle de 2018.

Leur haine viscérale de la Révolution cubaine explique qu’ils vivent dans l’obsolescence, avec 58 ans de retard.

Nous ne pouvons nier que vivre sous les règles injustes et capricieuses du Blocus est inconfortable et entraîne de sérieux préjudices économiques pour notre pays ; cependant, en analysant la note de Mallory, nous pouvons parvenir à la conclusion que cette politique a échoué et que les États-Unis n’ont pas réussi à obtenir les résultats escomptés.

Mallory reconnaissait, dans cette note, « la majorité des Cubains soutiennent Castro » ; cela n’a pas changé et c’est déterminant quand s’applique une politique punitive comme le Blocus, destinée entre autre à affaiblir le soutien au gouvernement cubain.

Quant aux effets attendus du blocus nous pouvons affirmer, sans crainte de nous tromper, qu’ils sont tout le contraire de ce qui était prévu. Il était supposé « susciter la désillusion et le découragement, par les préjudices économiques et la pénurie ». Les problèmes économiques dont a souffert le peuple cubain, qu’on ne peut minimiser, n’ont pas suscité la désillusion et le découragement. Le gouvernement révolutionnaire, dans les moments les plus durs du blocus, s’est efforcé de maintenir les conditions minima pour affecter le moins possible la vie des Cubains.

Notre peuple, à l’esprit rebelle, a su désigner très clairement celui qui était le coupable de ses problèmes et, au lieu de désillusion et de découragement, a fait preuve d’imagination et d’esprit combatif pour faire face aux difficultés que nous affrontions, montrant ainsi la ferme détermination de soutenir la révolution.

L’ultime effet attendu était de « provoquer la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement ». À chaque restriction imposée par le gouvernement des États-Unis le gouvernement révolutionnaire a répliqué par une contre-mesure qui puisse assurer la subsistance du peuple et le maintien des principes politiques qui ont régi notre Révolution dès ses origines.

Celui qui fut un temps président des États-Unis, Barack Obama, a reconnu l’échec des administrations qui l’ont précédé quant à l’application de cette politique durant plus de cinquante ans. Lui cherchait un autre moyen pour détruire la Révolution cubaine mais il savait parfaitement que le Blocus n’y parviendrait pas car c’était une politique obsolète.

Sans présenter de données très concrètes et en ne relevant que les informations que nous fournissent les journaux, la télévision, et la radio, en dépit des difficultés que le blocus veut nous imposer, nous pouvons affirmer que :

- Cette année plus de 4 millions de touristes visiteront notre île. La construction d’hôtels dans toute l’île se poursuit, et sera inauguré, entre autres, à La Havane, un cinq étoiles, le Pakard.
- Une grande partie de la population a passé ses vacances dans des centres de loisirs, la plupart d’entre eux en bordure de plage.
- Les centres d’enseignement ont commencé leurs cours à la date indiquée et les étudiants peuvent compter sur les moyens nécessaires pour étudier.
- De nombreuses écoles ont été restaurées et rénovées pour le début de l’année scolaire.
- L’équipement a progressé dans certains hôpitaux et des réparations et des agrandissements y ont été entrepris. Ce qui a permis l’amélioration des indices santé de la population cubaine. Le prestige des médecins cubains ne cesse d’augmenter.
- Les difficultés dans les transports existent toujours mais on travaille à l’amélioration des voies ferrées, l’augmentation des services de bus et l’entretien des rues et des routes.
- On a travaillé aussi avec acharnement à l’amélioration des services d’adduction d’eau, ce qui a résolu de sérieux problèmes.
- Une industrie bio-pharmaceutique a été développée, aux qualités mondialement reconnues.
- De nouvelles installations de panneaux solaires et autres sources d’énergie, y compris éoliennes, voient le jour. Des gazoducs sont en construction pour améliorer le service des usines génératrices d’énergie.
- Des milliers de logements destinés à des familles touchées par les désastres naturels ainsi qu’à de nouvelles familles ont été construits.
- Les services de téléphonie et d’informatique ont été considérablement étendus, ce qui a amélioré les possibilités de communication de notre peuple.

Des problèmes restent encore à résoudre ; certains sont la conséquence du blocus états-unien et d’autres de l’irresponsabilité de personnes qui offrent un service de mauvaise qualité, aggravent la bureaucratie, contrôlent le commerce des produits agricoles, et dont les intérêts sont davantage orientés vers la possibilité de gagner un maximum d’argent que vers le bien-être du peuple.

Le blocus yanqui est obsolète ; ses effets vont à l’encontre des initiatives des Cubains qui, d’une façon ou d’une autre, cherchent à le contourner chaque fois que c’est possible. L’autre blocus vient des irresponsables, celui que nous devons vaincre au plus vite et c’est à nous que cela incombe.


Néstor García Iturbe est docteur en histoire. Il édite le bulletin électronique El Heraldo (Cuba). sarahnes chez cubarte.cult.cu.

Traduction française de Françoise Couëdel.

Source (espagnol) : https://www.alainet.org/es/articulo/195186.

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