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DIAL 2795

AMÉRIQUE LATINE - Théologie indienne d’Amérique latine. Dieu, traditions indigènes et mondialisation

Eleazar López Hernández

vendredi 1er avril 2005, mis en ligne par Dial

Dial s’est déjà plusieurs fois fait l’écho de ce courant original de pensée qu’est la « théologie indienne » d’Amérique latine. Il s’agit de penser la foi à partir d’une culture autre que celle appartenant aux premiers évangélisateurs du continent, en faisant appel à une vision du monde toujours vivante dans les traditions indigènes. Le texte ci-dessous est celui d’une conférence donnée par Eleazar López Hernández à la rencontre des théologiens qui s’est tenue à Porto Alegre du 21 au 25 janvier 2005. L’auteur, prêtre catholique, appartient au peuple zapotèque de l’isthme de Tehuantepec, au Mexique. Depuis 1970, il est engagé dans la Pastorale indigène nationale et, depuis 1976, il est membre de l’équipe de coordination du Centre national d’aide aux missions indigènes (CENAMI). Il est le principal promoteur du mouvement de la théologie indienne.


Au cours d’un vaste processus de développement matériel et spirituel, les peuples originaires de ce continent ont atteint à tous les niveaux, y compris au plan religieux, des sommets admirables de connaissance. Ils donnèrent également les preuves d’un goût très raffiné. A cause de cela, bien que nous reconnaissions que, à l’époque de la plus grande splendeur, il existait une très grande distance entre les élucubrations de la classe sacerdotale et le simple peuple pour qui le langage recherché des prêtres était pratiquement inintelligible, nous devons reconnaître que ces élucubrations ont cependant servi de soutien religieux pour tous, et qu’elles parvenaient au peuple interprétées par des personnes spécifiquement destinées à ce service.

Avant la conquête européenne, il existait dans les peuples de ce continent une variété de fonctions et de catégories qui avaient pour objectif d’exprimer l’activité théologique multiforme de ses membres. Beaucoup de ces catégories et fonctions, bien que limitées ou reformulées dans le contexte chrétien, se maintiennent jusqu’à aujourd’hui. Et, à cause de cela, nous pouvons percevoir l’ampleur qu’elles avaient auparavant.

Les théologies indiennes aujourd’hui

Dans le nouveau contexte créé ces dernières années dans les Eglises chrétiennes, nous avons décidé - divers indigènes consacrés dans la vie religieuse ou ordonnés prêtres ou pasteurs de l’Eglise -, d’entreprendre la tâche considérable de sortir de la clandestinité la sagesse de nos peuples pour inaugurer ouvertement des processus de dialogue et de synthèse des deux versants religieux qui composent notre identité spirituelle [1]. Et nous le faisons avec l’accompagnement de nos pasteurs et de nos serviteurs et servantes non indigènes. C’est cela que l’on a appelé « théologies indiennes ».

Quand nous avons commencé à parler de « théologies indiennes », nous ne prétendions pas inaugurer un courant théologique nouveau dans l’Eglise, ni occulter une théologie latino-américaine, mais attirer l’attention sur un phénomène très ancien et très actuel dans nos communautés : leur expérience particulière de la foi. La théologie indienne chrétienne reconnaît qu’il y a déjà eu une inculturation ou appropriation indigène de l’Evangile et de l’Eglise, qui s’est développée fondamentalement dans ce que l’on a appelé la religiosité populaire ou religion du peuple (Paul VI, Evangelii nuntiandi), qui est également partagée par des groupes humains qui ne sont pas indigènes. Elle est fondamentalement l’œuvre de nos ancêtres indigènes.

L’intérêt et l’enthousiasme pastoral pour les « valeurs autochtones », considérées comme la présence première de l’Esprit dans les cultures précolombiennes [2] ou – en utilisant une catégorie théologique des Pères de l’Eglise – comme les « semences ou germes du Verbe » [3], a conduit l’Eglise, à Puebla [4], à considérer l’évangélisation des cultures non comme un processus de destruction mais de reconnaissance, consolidation et renforcement de ces valeurs, une contribution à la croissance des semences du Verbe présentes dans les cultures [5]. Cette considération théologico-pastorale implique la nécessité d’opérer un « transfert du message évangélique dans le langage anthropologique et les symboles de la culture dans laquelle ils s’insèrent » [6]. C’est ce que l’on appelle une « inculturation de l’Evangile », bien que ce terme n’apparaisse pas explicitement à Puebla. Là, l’Eglise s’est engagée à travailler sérieusement en faveur des indigènes en tant que secteur particulier des masses pauvres du continent, assumant la cause des pauvres « comme sa propre cause, mais aussi comme la cause même du Christ » (Document de Puebla, Message aux peuples d’Amérique latine).

Au cours des dernières années, le département des missions du CELAM [7], le DEMIS, a convoqué une série de réunions d’évêques, de gens impliquées dans la pastorale et d’indigènes au niveau continental, comme la rencontre des présidents des Commissions épiscopales de pastorale indigène à Bogotá (1985), et au niveau des diverses régions géographiques d’Amérique latine (1988-1990). Ce fut au cours de l’une des réunions de la DEMIS, celle qui a eu lieu au Mexique en 1989, que nos évêques encouragèrent les prêtres indigènes présents à lancer les rencontres latino-américaines de « théologie indienne », qui eurent lieu la première au Mexique (1990), la seconde au Panama (1993), la troisième en Bolivie (1997) et la suivante au Paraguay (2002). Dans celle de 2002, la présidence du CELAM convoqua deux symposiums internationaux (au Mexique et en Equateur) pour analyser, avec l’aide de spécialistes de Rome, avec des théologiens indigènes et leurs accompagnateurs, les difficultés, les propositions et la méthodologie de cette théologie indienne. Ce fut une excellente occasion pour rendre compte de nos efforts pour introduire dans l’Eglise la sagesse de nos peuples et pour lui permettre de dialoguer avec les contenus fondamentaux de la foi chrétienne.

Avec audace spirituelle et prudence pastorale, plusieurs évêques, non seulement catholiques mais aussi protestants des zones indigènes, ont accompagné ce processus, tout en sachant qu’il s’agit là d’un grand défi pour l’Eglise. Mgr José Alberto Llaguno, évêque de la Tarahumara, d’heureuse mémoire, l’a exprimé ainsi dans le prologue du mémoire de la première rencontre : « La théologie indienne, qui a toujours été présente mais jamais suffisamment valorisée, est une artère vitale qui, en irriguant de façon bénéfique non seulement les peuples indigènes mais aussi les Eglises, sera une source nouvelle de rajeunissement et de vitalité pour tous. » (Mgr J.A.Llaguno dans la présentation du livre Teología India, 1991).

Les contenus et la méthodologie de la théologie indienne ont rendu possible que notre Eglise, qui fut dans le passé le plus grand agresseur du monde religieux indigène, devienne rapidement l’alliée principale de nos peuples pour la recréation, la valorisation et la dignité des cultures et des expressions religieuses indigènes [8].

Cela ne signifie pas que nous fermions les yeux sur le fait qu’il existe également dans nos Eglises de nombreuses préventions, craintes et réserves à l’égard de ces « théologies indiennes », dont quelques-unes sont parfaitement raisonnables et qu’il faudra aborder de façon ecclésiale. D’autres, produit d’une méconnaissance ou d’une perception déformée des faits, devront également être analysées et résolues dans un dialogue serein, fraternel et respectueux.

Les peuples indigèneset la mondialisation

En ce qui concerne le cas spécifique du Mexique, les peuples indigènes ont certainement été les premiers à prendre au sérieux la mondialisation néolibérale. Nous, organisations indigènes indépendantes, organismes non gouvernementaux de droits humains et serviteurs pastoraux des communautés indigènes [9], nous nous sommes attachés, pendant de nombreuses années, à scruter le sens et l’importance de cette mondialisation et de ses implications dans les communautés. Ce n’est pas la modernité en elle-même qui nous préoccupe, car nous, peuples indigènes, n’avons pas peur de la modernité.

Dans l’histoire passée, nos ancêtres ont su construire des modernités et des mondialisations de grande envergure. Mesoamerica, par exemple, comme catégorie anthropologique, est le résultat d’une transformation globalisante et modernisatrice jamais connue auparavant : les peuples qui vivaient depuis le sud de ce nous appelons aujourd’hui les Etats-Unis d’Amérique jusqu’au nord du Panama sont passés du nomadisme à la civilisation urbaine à partir de l’agriculture du maïs, pendant plus de 1000 ans (500 ans avant le Christ et 800 ans après). Les Aztèques, avec leur technologie des chinampas (cultures sur le lac), le commerce avec des zones éloignées et leur conception de la guerre, ont développé dans le Anáhuac mexicain une modernité grandiose. Les Incas firent de même dans les Andes, et les Guaranis dans le Cône Sud ; sans parler des Mayas dans la péninsule du Yucatán et au Guatemala avec leur sagesse relative au temps, à l’espace et aux mathématiques. La modernité et le progrès ne sont pas les ennemis des peuples indigènes mais l’injustice avec laquelle cette modernité se construit. Et face à l’injustice, nos peuples ont su réagir avec vigueur non seulement aujourd’hui mais tout au long de notre histoire.

La constatation de la perversité du modèle néolibéral qui élimine des projets nationaux 70% de la population mondiale et met en route l’extinction des communautés indigènes, a produit du mécontentement et beaucoup d’irritation chez tous. Mais la résistance n’a pas été tellement consistante : un à un, tous les secteurs sociaux ont plié pour accepter comme inévitable l’implantation du libre marché néolibéral. Nous autres, peuples indigènes, avons été les seuls à maintenir jusqu’à la fin un NON clair au projet : d’abord avec des dénonciations, défilés et meetings, ensuite avec des marches, des veilles et des occupations de bureaux gouvernementaux ; et finalement, quand l’Etat n’a plus rien voulu entendre et que la répression s’est accentuée, avec des actes de pression politique et même des soulèvements armés, comme c’est le cas du Chiapas au Mexique.

Personne n’imaginait que nous les indigènes puissions en arriver à cette extrêmité. Mais les faits sont là. La conscience que la mondialisation néolibérale était le coup de grâce ou la sentence de mort des peuples indigènes a mis le feu de la rébellion dans les autres secteurs touchés par le néolibéralisme [10]. Notre appartenance indienne refaisait surface chez tous, parce qu’ils faisaient de nous tous des Indiens, c’est-à-dire des gens sans droit comme il y a 500 ans. Et nous nous sommes réveillés de notre léthargie séculaire, pour dire « Basta » (« ça suffit ») au système. Mais ce ne sont pas les armes, mais la raison qui soutient les indigènes et c’est le courage en faveur de notre dignité méprisée qui a soutenu la lutte jusqu’à présent.

Approches indigènes devant la globalisation néolibérale

La devise zapatiste dans le Sud-Est mexicain a été : « Jamais plus un Mexique sans nous ». Les indigènes d’au-delà de ces frontières ont aussi affirmé la même chose, mais dans leurs contextes propres : « Jamais plus un monde sans nous », et nous disons aussi : « Jamais plus une Eglise sans nous ». C’est une devise qui unifie la résistance des pauvres et exclus.

Du cœur des pauvres se lève l’espoir d’un avenir pour l’humanité. Nous sommes aujourd’hui en un temps particulier de grâce et de jubilé qui offre des possibilités pour que les utopies indigènes fécondent l’humanité et qu’il y ait rapidement un renouveau de la vie. L’Esprit de Dieu et l’esprit humain continuent à planer sur le chaos de la modernité actuelle dans l’attente d’hommes et de femmes qui, avec Dieu, soient cocréateurs et coartisans d’un nouveau cosmos, d’une Terre sans mal ou d’une grande Maison pour toutes et pour tous. Nous, indigènes, percevons clairement ces signes des temps et, malgré le risque d’être rejetés, nous mettons à la disposition des autres frères et sœurs de la planète les semences d’humanité que nous gardons dans les greniers de nos cultures ancestrales.

Il est de plus en plus clair que nous, indigènes, sommes et allons être des acteurs et des gestionnaires majeurs de processus de changement dans la société et dans les Eglises. Nous n’arrivons pas, comme le disait dans le passé le grand défenseur des Indiens, Fr. Bartolomé de Las Casas, seulement en portant des peines et des misères, mais en portant aussi dans notre cœur et dans nos mains des fleurs [11] rayonnantes et odorantes que nous avons cultivées dans les multiples Tepeyacs [12] où nous habitons. La spiritualité et la théologie indigène sont un de ces apports précieux que nous faisons à l’Eglise. Parce que les peuples indigènes, anciens et sages, plus que des détenteurs de la vérité, des mathématiciens illustres ou des analystes remarquables du temps et de l’espace, ont été et sont encore jusqu’à aujourd’hui des adorateurs et des interlocuteurs du Dieu véritable pour lequel nous vivons [13], celui qui se manifeste à nous dans des noms, des visages et des actions divers et variés. Comme le soutient un pasteur vénérable de notre temps, nous les peuples indigènes ne sommes pas des gens qui parlent de Dieu, mais gens qui parlent avec Dieu [14].

L’apport majeur des indigènes aux Eglises et à la société environnante est la manifestation du caractère radical et central de Dieu qui régit notre vie, dès avant la première évangélisation, et qui est le fondement de tout le reste. Les missionnaires d’alors disaient que dans les choses de Dieu les Indiens étaient un exemple d’abandon et de ferveur ; et en ce domaine, les meilleurs novices dans les couvents ne leur arrivent pas à la cheville [15].

Mais l’apport indigène ne se limite pas au domaine religieux. Nous proposons à la conscience et à l’expérience écologique quelque chose de plus radical, qui oriente vers la valeur déterminante de l’humain, vers l’économie solidaire et vers la vie communautaire. En ce qui concerne le travail et la coexistence sociale, le projet de vie des peuples indigènes et leur sagesse millénaire peuvent contribuer à l’élaboration d’alternatives de vie plus dignes pour tous. Ceci ne signifie pas que nous idéalisions le monde indigène comme s’il était parfait ; nous sommes bien concients que dans notre vie il y a aussi des maux, des antivaleurs et des déviations qui requièrent libération et purification. Comme tout groupe humain, nous les indigènes sommes un projet d’humanité qui se fraie un chemin au milieu des lumières et des ombres, qui met tous ses efforts à concrétiser historiquement ses idéaux. Les fruits qui demeurent jusqu’à aujourd’hui, malgré 500 ans d’agression continue, sont le témoignage vivant de cet effort.

L’Église dans ce kairós

Nous sommes convaincus que dans ce kairós l’Eglise du Christ a forcément sa place. Elle est appelée à être le compagnon de chemin, l’inspiratrice des actions et le levier de la construction du futur souhaité. C’est pourquoi, dans nos approches indigènes utopiques, nous qui sommes chrétiens et surtout nous qui sommes par la grâce de Dieu des ministres ordonnés de l’Evangile, nous affirmons que nous devons, en toute circonstance, marcher avec l’Eglise et comme Eglise, en reconnaissant la convergence nécessaire des dons et des charismes que le Seigneur a donnés à son peuple.

Mais il est aussi nécessaire de rappeler que les peuples indigènes peuvent quitter l’Eglise, s’ils perçoivent qu’elle ne leur offre pas un lieu digne pour eux et leur culture. C’est un fait indéniable que le monde religieux indigène a un avenir possible non seulement à l’intérieur, mais aussi hors de l’Eglise. Il y a déjà des indices de cela en plusieurs lieux du continent. Il existe des mouvements de théologie indienne qui sont autonomes par rapport à l’Eglise et qui, sûrement, se renforceront de plus en plus. Nous devons désormais apprendre à nous comporter à l’égard de ces mouvements avec respect et compréhension. Nous devons commencer avec eux un dialogue respectueux, franc et fraternel comme il est dit à Saint-Domingue (Document de Saint-Domingue, 248 et 249).

Il revient aux indigènes chrétiens et à nos pasteurs la responsabilité de laisser croître et se développer la théologie indienne dans l’Eglise, parce qu’elle enrichit l’Eglise et nous enrichit tous. Elle est un moyen excellent de communion entre les peuples qui, tout en étant différents, peuvent s’asseoir comme des frères à la table commune de la vie.

Avec la théologie indienne, nous, les indigènes, avons la capacité d’être Eglise du Christ, sans cesser d’être des peuples avec une identité historique et culturelle propre ; nous pouvons être l’Assemblée de Dieu qui, en même temps qu’elle est une, réunit des peuples de toute race, langue et condition sociale, parce qu’elle est « signe et instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (Vatican II, Lumen Gentium 1).

Pour nous l’Eglise doit être cet arbre de la parabole de Jésus, où peuvent nicher tous les oiseaux du ciel (Lc 13,19) ; ou la ceiba sacrée des Mayas, qui est capable de soutenir avec ses branches la voûte céleste pour transformer le chaos original en la Grande Maison où habitent harmonieusement tous les peuples du mondE [16].

A coup sûr, un autre monde est possible

Malgré la nuit obscure qui règne, malgré le temps hivernal qui gèle et malmène les idéaux, malgré les difficultés du dialogue et du consensus avec les autres sœurs et frères qui sont sur le chemin, nous les indigènes nous continuons à croire que c’est le moment opportun pour clamer et agir de telle sorte qu’un autre monde plus humain et plus juste, mais surtout plus digne de nous, est possible.
Jayalla, Jayalla !

Porto Alegre, Brésil
janvier 2005


- Dial – Diffusion d’information sur l’Amérique latine – D 2795.
- Traduction Dial.
- Source (espagnol) : 1er Forum mondial de théologie et libération, janvier 2005.

En cas de reproduction, mentionner la source francaise (Dial) et l’adresse internet de l’article.

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[1Versant chrétien et versant indigène.

[2Cf. Document de Puebla, 201.

[3Document de Puebla, 401, 403, 451.

[4Conférence générale de l’épiscopat latino-américain tenue en 1979.

[5Document de Puebla, 401.

[6Document de Puebla, 404.

[7Conférence épiscopale latino-américaine.

[8Le père Nicanor Sarmiento Intiyupanqui, indigène du Pérou, dans une excellente analyse de la préhistoire et de l’histoire des chemins de la théologie indienne, fait une synthèse du processus de changement de l’Eglise, de la façon suivante : « En faisant une récapitulation de la prise de conscience de la réalité des cultures indigènes faite par l’Eglise latino-américaine, nous pouvons affirmer que Dieu a fait son chemin à travers l’Esprit de Jésus, par le biais de missionnaires audacieux, hommes et femmes, pour que l’annonce évangélique se fasse à partir de leurs cultures et par les indigènes eux-mêmes. On a progressé d’une simple mention des « Indiens » à Rio de Janeiro, puis à l’affirmation qu’ : « ils soient responsables de leur histoire et leur évangélisation » à Medellin, jusqu’à une valorisation explicite de « leurs richesses culturelles » à Puebla. Dans les Conférences, il y a un progrès dans les trois dimensions de l’évangélisation : annonce du Christ, promotion humaine et valorisation des cultures ».

[9Je me réfère surtout au processus engagé à partir de la Pastorale indigène au Mexique, à la fin des années 80 et au début des années 90, pour prendre en compte et discuter avec les représentants des communautés, le traité de libre-échange entre le Mexique, les Etats-Unis et le Canada.

[10Cela s’est produit non seulement au Mexique mais ailleurs, y compris dans le premier monde.

[11En tant que symboles de ce qu’il y a de meilleur dans nos vies : la sagesse, les valeurs, la spiritualité.

[12Le Tepeyac est la colline sacrée où le peuple aztèque vénéra Tonántzin, notre Mère et la Mère de Dieu, et où Juan Diego rencontra la Vierge de Guadelupe, au début de la première évangélisation du Mexique.

[13In Huelnelli Téotl Ipalnemohuani (Dieu de grande vérité, Celui qui nous donne la vie) c’est l’un des principaux noms avec lesquels les peuples mesoaméricains parlaient de Dieu, et qui a servi aussi pour inculturer la conception théologique de Dieu apportée par l’Eglise.

[14Mgr Gerardo Flores, évêque émérite de Verapaz, Guatemala, dans sa présentation sur la théologie indienne dans la réunion avec le Cardinal Ratzinger et les évêques responsables des Commissions pour la doctrine de la foi en Amérique, en mai 1996 à Guadalajara, au Mexique.

[15Expression fréquente parmi les premiers missionnaires au XVIe siècle au Mexique, marqués par l’ « optimisme franciscain ».

[16Cf. Prologue du Mémoire des rencontres de théologie indienne maya, avril 1997.

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