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Dernier rapport de la CNUCED met en garde contre la dépendance des pays du Sud aux exportations de matières premières

Mattias Creffier, IPS

jeudi 9 octobre 2008, par Dial

18 juillet 2008, Bruxelles - IPS - Le nombre de pauvres dans les 50 pays les moins avancés de la planète (PMA) ne diminue pas, malgré un renforcement de la croissance économique et une hausse des exportations, constate le dernier rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), qui met en garde contre la dépendance de ces pays aux exportations de matières premières.

Chaque année, la Conférence de l’ONU sur le commerce et le développement publie un rapport sur l’évolution des 50 pays les moins avancés de la planète (PMA). Ses chiffres sont – à première vue – relativement encourageants. Entre 2004 et 2006, les 50 pays les plus pauvres de la planète ont en effet vu la valeur de l’ensemble de leurs exportations augmenter de 80%, tandis que leur taux de croissance économique a dépassé l’objectif des 7%, soit le taux le plus élevé depuis trente ans.

Toutefois, le nombre d’individus qui vivent avec un revenu de moins de 2 dollars par jour (1,25 euros) est en augmentation, constate la CNUCED. De 535,1 millions de pauvres en 2000, leur nombre est passé à 580,8 millions en 2005. Sur ces quelques 581 millions de pauvres, 375 millions vivent en Afrique, 204 en Asie et 2 millions dans les petits Etats insulaires. Cette hausse de la pauvreté est notamment liée à la croissance démographique, précise le rapport. Du coup, en tenant compte de celle-ci, la Conférence des Nations Unies estime que le taux de pauvreté dans les pays les moins avancés a légèrement baissé, passant de 78,8% en 2000 à 75,7% en 2005.

L’extrême pauvreté, c’est-à-dire le nombre d’individus qui vivent avec moins de 1 dollar par jour est également en légère diminution dans les PMA, passant de 38,9% à 36,1%. Mais à ce rythme, elle touchera toujours 33% de la population de ces pays en 2015, soit un pourcentage en-deçà des espérances formulées dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), conclut le rapport. En 2000, tous les Etats membres de l’ONU se sont en effet engagés à réduire de moitié l’extrême pauvreté dans le monde, ce qui signifie réduire celle-ci à 20% de la population dans les 50 pays les plus pauvres.

Modèle inadéquat

Si le nombre de pauvres continue d’augmenter en chiffres absolus, c’est donc en partie en raison de la croissance démographique, mais aussi à cause d’un modèle de développement inapproprié, poursuit le rapport de la CNUCED. Les pays pauvres sont en effet extrêmement dépendants à l’égard des exportations de matières premières, comme le pétrole, les minéraux, les métaux ou les produits agricoles. Et la forte croissance enregistrée pendant l’essor mondial des exportations rend toutefois ces pays très vulnérables en cas de retournement de la conjoncture.

Par ailleurs, la situation des PMA est caractérisée par un déficit commercial persistant et par de graves difficultés de balance des paiements, précise encore le rapport. Selon la CNUCED, la majorité des pays les moins avancés (42 sur 50) ont enregistré un déficit commercial en 2005-2006. Et les pays qui importent énormément de denrées alimentaires et de pétrole sont les plus vulnérables à ce retournement de situation. La vulnérabilité de 8 de ces pays (le Burkina Faso, la Guinée, Haïti, la Mauritanie, le Mozambique, le Sénégal, la Somalie ou le Yémen) a d’ailleurs déjà été mise en lumière, cette année, lors des troubles sociaux liés à la crise alimentaire, poursuit la CNUCED.

Pour sortir de cette spirale, les pays les moins avancés doivent à tout prix diversifier leur économie et devenir moins dépendants des exportations. Entre 2004 et 2006, la part des matières premières dans les exportations des PMA a en effet augmenté de 59 à 77%, souligne la Conférence. En outre, les apports d’aide publique au développement sont la principale source de financement extérieur des pays les moins avancés, à l’heure où la part d’investissements étrangers directs a connu une diminution entre 2003 et 2006, passant de 1,9 à 0,7%.

La productivité agricole

"La grande illusion des dernières décennies à consisté à penser que l’investissement dans les secteurs productifs serait assuré par le secteur privé international, grâce notamment aux entrées d’investissements étrangers directs", souligne encore le rapport. Or, ceux-ci demeurent essentiellement présents dans l’extraction de ressources naturelles, en particulier de pétrole et de métaux. Pour renforcer leur résistance économique, les pays les moins avancés doivent donc accroître leur productivité agricole et diversifier leur économie dans le but de créer des emplois non agricoles, recommande la CNUCED. Face au ralentissement mondial, la plupart des PMA rencontreront de grandes difficultés dans la période à venir, prévient également ce rapport annuel.


http://www.ipsnouvelles.be/news.php?idnews=9840

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