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BRÉSIL - Mort de Sarapo, le chef indien du peuple Ka’apor

Salva la Selva

jeudi 30 juin 2022, par Françoise Couëdel

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13 juin 2022 - Les causes et les circonstances de sa mort ne sont pas claires. Les Ka’apor craignent que leur chef ait été empoisonné et exigent des autorités de l’État qu’elles enquêtent et révèlent la cause de sa mort.

« Sarapo Ka’apor n’a pas supporté la pression et les menaces des agresseurs de la région », nous ont écrit les Indiens au nom de leur comité de gestion TUXA TA PAME, ce qui a déclenché l’alarme.

Sarapo Ka’apor est décédé à l’âge de 45 ans, le 14 mai 2022. Il vivait sur un territoire indien protégé que des entreprises minières vont saccager pour en extraire de l’or. Sarapo a été un des principaux protecteurs des forêts de la région et a mené la résistance contre les entreprises minières. Raison pour laquelle elles le harcelaient et le menaçaient.

Les Ka’apor ont dénoncé aux autorités brésiliennes les circonstances inexpliquées de sa mort et, avec la Société du Marañón des Droits humains, SMDH, exigent du Ministère de la sécurité publique l’exhumation de son corps pour que des juges experts déterminent la cause exacte de sa mort.

« Nous craignons que des personnes influentes aient pu être payées pour empoisonner Sarapo », écrivent nos correspondants Ka’apor. « Nous sommes entourés de chercheurs d’or et d’entreprises minières qui font de plus en plus pression sur nous ».

Sarapo, en tant que chef de la Garde d’autodéfense Ka’apor, courait de graves dangers et était harcelé. Lui et trois autres chefs Ka’apor, étaient les responsables du Programme d’état de protection des défenseurs de droits humains du Marañon, concernant les personnes menacées. La dernière fois qu’il avait été encerclé par des exploitants forestiers et menacé de mort remonte à janvier 2022.

« D’ici nous suivons tous ces événements et nous voulons que justice soit rendue » disent les Ka’apor. Du 13 au 15 juin nous organiserons une caravane dans la forêt en signal de résistance à l’exploitation minière.

Salva la Selva soutient la requête qu’exprime le peuple Ka’apor et nous demandons aux autorités brésiliennes qu’elles agissent immédiatement. Elles doivent élucider les circonstances de la mort de Sarapo Ka’apor, ainsi que les autres crimes – agressions et assassinats contre des membres de ce peuple indien. Il faut identifier et condamner leurs auteurs et ceux qui sont derrière eux. Il faut prévenir efficacement de nouvelles menaces.

De nombreuses menaces et expositions à une violence extrême

Depuis 2015, deux communautés indiennes Ka’apor ont été attaquées par des exploitants forestiers. Un total de 15 personnes indiennes ont été assassinées ces dernières années lors de l’invasion du territoire. Les autorités brésiliennes n’ont élucidé aucun de ces crimes et à ce jour aucun responsable n’a été puni.

Tout cela se produit sous le nez des fonctionnaires de l’État et des autorités brésiliennes qui se montrent amplement inefficients et passent outre les manifestations et demandes des peuples indiens. De nombreux fonctionnaires et hommes politiques sont aussi corrompus et complices de ces activités.

Les autorités brésiliennes ont octroyé diverses concessions pour l’extraction de l’or sur des milliers d’hectares du territoire à des entreprises minières. Les concessions minières sont situées directement à la limite et, partiellement même, à l’intérieur du territoire indien.

Le peuple Ka’apor défend sa zone protégée

Environ 1 800 Ka’apor représentent un des nombreux peuples indiens, qui sont plus de 300 au Brésil. Actuellement ils vivent sur leur territoire, l’Alto Turiaçu, reconnu par l’État brésilien, dans l’état du Maranhão. La zone de forêt ancienne, de 531 000 hectares – l’équivalent par exemple en Espagne de la surface de toute la communauté autonome de Cantabrie – est comme une île de verdure dans une mer de destruction.

Par leur mode de vie, les Ka’apor ont défendu leur territoire contre les invasions illégales et les saccages et protègent la forêt de la déforestation. Des entreprises d’exploitation forestière et minière, des éleveurs, de grands propriétaires terriens et des spéculateurs fonciers ont abattu presque toute la forêt jusqu’à la limite de cette zone protégée et maintenant ne veulent pas s’arrêter à sa limite. Cette zone protégée est pourtant tout ce qui reste désormais d’un territoire indien qui à l’origine était beaucoup plus étendu et qui a été volé aux Ka’apor ces dernières décennies.

Là-bas, dans le nord est de ce pays d’Amérique du Sud, la forêt amazonienne se prolonge lentement par les savanes tropicales du Cerrado. Leurs conditions particulières offrent l’habitat à une riche biodiversité. Quelques espèces comme le singe capucin (Cebus kaapori), en grave danger d’extinction, le saki barbu noir (Chiropotes satanas), est en danger, l’Alto Turiaçu est leur dernier habitat.


Traduction française de Françoise Couëdel.

Source (espagnol) : https://www.salvalaselva.org/exitos-y-noticias/10832/la-selva-llora-la-muerte-de-sarapo-kaapor.

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